Feuille de route, avril 2014

Les deux dangers qui guettent toute réflexion conduite à la hâte – mais quelle réflexion n’est pas conduite à la hâte ? – ce sont l’hyper-concentration, la fixation sur un point relativement secondaire, ou à l’inverse la dispersion, le sautillement d’un thème à une autre, l’épuisement d’un élan prometteur dans un brassage stérile. La feuille de route dresse la liste des travaux en cours, donc des priorités actuelles. Elle délimite un champ raisonnable d’activités pouvant être conduites simultanément et susceptibles de se conforter mutuellement.
Elle définit ensuite un ensemble de projets à réaliser. Enfin, elle rassemble un certain nombre d’hypothèses sur ce qu’il conviendrait de faire et trace quelques pistes.

Normalement, tout cela va sans dire. Alors, à quoi bon le dire ? La raison est assez simple ; elle fait d’ailleurs partie des question que je souhaite soulever dans ce travail.
Ce que nous donnons à voir de nous-même quand nous nous projetons dans un texte écrit est fort différent de ce sur quoi nous pouvons compter quand nous n’explicitons pas notre démarche. Faiblesse humaine ? On peut dire ça, mais ce serait un peu court. Nous verrons plus tard cette attitude paradoxale découle de l’inconsistance de ce que la tradition philosophique désigne du nom de sujet.

A. Ce qui se fait en ce moment

Je ne mentionne ici que ce qui intéresse mon propos sur ce site. Le reste ne concerne que moi.
Je travaille actuellement sur trois ouvrages en rapport plus ou moins étroit avec ce projet :
– Vincent Descombes et Charles Larmore, Dernières nouvelles du Moi, PUF ;
– Johann G. Fichte, Doctrine de la science 1797 – 1798 ;
– Piera Aulagnier, La Violence de l’interprétation, PUF.
Les deux premiers textes relèvent de la même démarche ; le point de départ de l’intérêt pour Fichte est la mention de ce dernier dans l’ouvrage de Descombes et Larmore. Le troisième, qui fait l’objet d’une lecture attentive et d’un commentaire au jour le jour depuis plusieurs années, renvoie à la métapsychologie freudienne, c’est-à-dire à une tentative de théorisation découlant de la pratique analytique.
Je m’efforce en outre de trier les notes quotidiennes qui s’accumulent depuis des mois, voire des années. Il en résulte deux regroupements de textes :
1. Qu’est-ce qu’un texte ?
2. Le concept de sujet
Ces deux regroupements sont eux-mêmes subordonnés à une réflexion sur la notion de dispositif, notion d’inspiration lacanienne.
Pratiquement, cela se traduit par la mise en chantier des textes suivants, à publier dans une nouvelle catégorie intitulée « Journal de travail » :
– Présentation du journal de travail (le présent texte) ;
– Pour quelles raisons ai-je tellement de peine à publier (sur mon propre blog) ce que j’écris ?
– Sur les notions de point de départ et d’objectif final ;
– Début d’une série sur l’utile et l’inutile.

B. Ce qu’il faudrait faire

  • Etude de la notion de Work in Progress (génétique textuelle).
    Un texte, du point de vue du lecteur, c’est un objet achevé et, d’un certain point de vue, parfait. Une réflexion objectivée qui a trouvé son équilibre. Mais si l’on veut comprendre ce qu’est un texte, il est indispensable de considérer sa genèse, tout ce qui se passe depuis que le premier mot du premier brouillon a été écrit.
  • Poursuite de l’étude de la métapsychologie freudienne
    Freud, évidemment, mais aussi Bion, Winnicott, Lacan.
  • Développer la notion de dispositif
  • C’est pour l’instant le concept central de toute ma réflexion.
  • Etude de la manière dont Lacan pose les problèmes

C. Ce dont on peut rêver…

  • Reprendre sérieusement le grec et le latin ;
  • Reprendre Wittgenstein ;
  • Reprendre Nietzsche ;
  • Reprendre Ricoeur.

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